Les concerts qui font qu'on retourne en concert.

"Chante un peu ?
Fort bien.
Danse maintenant."
El Dr Mözz

16/03/2008

The Cure / Bercy

12/03. Super. Je dis "Bravo". C'est vraiment très intelligent de faire son malin à commettre un blog consacré aux concerts (ahlala pauline je t'aime, gnagnagna queens vous êtes trop géants hi hi hi), et de rater LE concert de début d'année. Faute grave puisque programmée. Jusqu'au bout, j'ai hésité. Falstaff la pièce ou Cure le concert ?
Ni l'un ni l'autre au final et un énorme regret. Rob Smith a joué trois heures et demie, passant en revue le meilleur de l'énorme répertoire curesque aux dires des Libé et autres Parisien : du Faith, du Pornography, du M... Bouhouhou, j'en aurai sans doute écrit des tartines ici.
Tout ce que je peux faire, c'est publier cette note, sous forme de clin d'oeil au précédent concert de Cure à Bercy : le 18 décembre 85.
Avec Carlos Antonio, le complice de musique de toujours... la plus grande claque live jamais reçue (oui, parfaitement malgré les Floyd à Versailles, malgré J. Buckley à l'Olympia, malgré l'Outside de Bowie en 98. Bref), LE concert fondateur.
L'immmobilité spectrale des musiciens, figés par les stromboscopes blancs et rouge. La violence des rebonds de la guitare délayée du Smith, la noirceur planante absolue des morceaux. Les mouvements de foule géants sur les tubes dansants (à la fin, on n'arrivait plus à détacher nos bras crampés : carlos & i se tenait par les bras pour ne pas être séparés dans les pogos). La première partie, le pauvre Arno et son TC Matic, absolument haï et rejeté par la foule d'ados survoltés via envoi de chaussures et autres cannettes (Même à l'époque, on pouvait fumer, walala, fou non ?) La version de Forest, de 10 bonnes minutes...
Il m'aura fallu trois jours pour atterrir et retrouver un niveau normal d'humanité et de pouvoir parler d'autre chose que de ce qui s'est passé ce soir là.*
Et d'enchaîner tous les concerts suivants de Cure à Paris. Jusqu'à mercredi dernier ou j'ai fauté grave.
Punition :
a) je me déguise en robsmith jusqu'à leur retour ici.
b) je vais voir Zazie en concert.



Alors, ce sera a).

* J'ai acheté cinq mois plus tard la cassette pirate du concert. 300 francs. Je l'ai toujours. C'est plutôt la platine cassette qui fait défaut en fait.

11/03/2008

Pauline Croze / Bataclan

11/03. Souple, épaisse... Ondulante. Une voix et des bras (son visage, impossible à voir de là où nous étions). La voix de Pauline Croze est une moquette épaisse aux poils bleu sombre si longs qu'on s'y vautre la tête la première. On se roule dedans, on se déshabille et on s'en pare, on s'en voile. Et puis je coupe les poils et je m'en fais des tresses de rasta. La voix de Pauline Croze est large. Profonde. Haute. Suave. Elle enveloppe tout en bas. Caresse ici et là. Ondule tout en haut. Douce au toucher. Puissante à l'ouïe. Fragile et inébranlable... On peut trouver des tonnes d'adjectifs à la voix de Pauline Croze et d'ailleurs il faut que je me calme, j'en mets partout là.


L'on me fait remarquer que la moquette, c'est sale. Plein de pellicules, de poils de nez, de bestioles microscopiques.
Je dis prout. La moquette, même si il y a des trucs pas nets dedans, c'est quand même bien plus agréable que le carrelage tout froid de la salle de bain.
Bon. Mettons qu'on a passé l'aspirateur dans ta voix, Pauline, suffisamment longtemps pour s'en repaitre sans craindre d'y attraper des trucs.

Elle est impressionnante. Elle est gracieuse. Elégante. Pauline Croze n'a pas besoin de tenter de raconter des trucs drôles entre les morceaux (Pauline Croze n'est pas Florence Foresti) : il lui suffit de faire onduler son corps, mais surtout ses bras, jusqu'au bout des doigts pour se faire comprendre. Même, aménager des espaces pour faire faire chanter le public, Pauline Croze n'en a pas besoin. Quand il a fallu chanter, les gens l'ont fait d'eux-mêmes.
Ma vraie grande surprise, parce que quand même hein, je savais qu'elle chantait bien Pauline, c'est... la musique.
Là ou je redoutais un peu trop l'ambiance "chanson française"... pif... la claque.
Le batteur et les guitares ! On était très loin de l'accompagnement d'un tour de chant. Les ambiances étaient là. ça sentait le Bashung, avec des relents free jazz, avec des accords des Iles orientés sombres qui s'agglutinaient dans tous les sens. Quant au batteur... Ah mon salaud, comment tu nous assouplis ça, hein !
Pauline n'est pas qu'une chanteuse, c'est une vraie rockeuse. Comme PJ Harvey, wé.
Marie au cheveu frais et coupé, silencieuse et concentrée, applaudissant à tout rompre.
Juliette, gigotant, commentant, rigolant criant
Arthur... ah bin Arthur, je ne sais pas, il y avait Juliette devant. Pousse toi Juliette, je ne le vois pas Arthur.
Le gars à la console lumière qui dansait tout ce qu'il savait.
Pauline dérivant à mi voix à la fin d'un refrain que le public chantait de lui-même.
Encore un concert super court. Super fort.
Concentré.
Et surtout, cette belle idée : elle n'a pas tout donné. Nous n'avons pas tout vu. Ce n'est que le début de Pauline. On sent tout ce qui bouillonne en dessous.
Elle est pourtant Reine de France, déjà, la farouche Pauline. N'a plus qu'à attendre le retour de Camille la Sauvage en mai.
Ah si seulement, elles confrontaient leurs univers respectifs, sur un album !



Hé Pauline, je...

Je t'aime.

OUI ça y est, je l'ai dit !!!!


Album : "Un bruit qui court" ****
http://www.myspace.com/paulinecroze

02/03/2008

Queens Of The Stone Age / Zénith

29/02. Court, mais sourds quand même.
Notre position (Sieur Alex & i) n'était pas des plus confortables. A l'arrière, sur la gauche de la fosse. Résultat bien connu au Zénith : son brouillon.
Un vilain phénomène accentué par le son naturel des Queens, qui doivent laver leurs instruments à la boue avant et après chaque utilisation.
Alex roulait des gros yeux quant au traitement réservé à la batterie : si celle-ci avait été organique, nous serions sans doute rentré tachés de petits bouts de trucs ensanglantés : ce batteur tapa comme un boucher, et ses bras et son torse, nus et imposants ancrèrent en nous l'idée rassurante de l'artisan zélé travaillant sa viande avec passion.
Du steack tartare donc.
Pour ma part, c'est la GROSSE basse qui me remplissat (remplir au présent et au passé simple, ça se ressemble un peu trop) les oreilles, les tapissant d'une délicieuse moquette de particules abrasives et ronflantes...
Basse batterie, un élégant couple de tueurs.
Qui auront trop tronçonné le chant et les guitares/synthé.
Dommage, j'aurai volontiers fini de me mettre à genoux, en offrant cou et cerveau à leurs ébats. Ainsi Motorhead - tendre poésie que nous partageâmes ici avec gourmandise l'an dernier, Alex et moi- sait gifler, fesser, frapper, baver ET découper. ).
L'enrobage était joyeux : nous baignions au milieu de chants et de hurlements. Le public des Queens, n'est pas là par hasard. C'est bon, un fan qui chante (même faux) avec de la bière dedans.
Exemplaires, ces mélodies compressées assénées avec vitesse, violence et sobriété : la saine brutalité de ce set nous contentat autant qu'elle nous assourdit (passagèrement).
Trop courte pour entrer dans l'anthologie... cette soirée donne pourtant l'envie de revoir Josh et sa bande, au plus vite.
De préférence dans une petite salle.
Ou alors, en plein air.
Avec du sable sous les pieds, un horizon de roches déchiquetées dans les yeux.
Et des scorpions s'ébattant dans le combat entre le soleil couchant et les milliards d'étoiles jalouses de son éclat.
Histoire de nous faire planer tout ça.




Album "Era Vulgaris" ***

http://www.myspace.com/queensofthestoneage

Top 5 Mars 2008

  • Nada Surf
  • Goldfrapp
  • Syd Matters
  • Queens of the Stone Age
  • Girls in hawaii