Les concerts qui font qu'on retourne en concert.

"Chante un peu ?
Fort bien.
Danse maintenant."
El Dr Mözz

11/03/2008

Pauline Croze / Bataclan

11/03. Souple, épaisse... Ondulante. Une voix et des bras (son visage, impossible à voir de là où nous étions). La voix de Pauline Croze est une moquette épaisse aux poils bleu sombre si longs qu'on s'y vautre la tête la première. On se roule dedans, on se déshabille et on s'en pare, on s'en voile. Et puis je coupe les poils et je m'en fais des tresses de rasta. La voix de Pauline Croze est large. Profonde. Haute. Suave. Elle enveloppe tout en bas. Caresse ici et là. Ondule tout en haut. Douce au toucher. Puissante à l'ouïe. Fragile et inébranlable... On peut trouver des tonnes d'adjectifs à la voix de Pauline Croze et d'ailleurs il faut que je me calme, j'en mets partout là.


L'on me fait remarquer que la moquette, c'est sale. Plein de pellicules, de poils de nez, de bestioles microscopiques.
Je dis prout. La moquette, même si il y a des trucs pas nets dedans, c'est quand même bien plus agréable que le carrelage tout froid de la salle de bain.
Bon. Mettons qu'on a passé l'aspirateur dans ta voix, Pauline, suffisamment longtemps pour s'en repaitre sans craindre d'y attraper des trucs.

Elle est impressionnante. Elle est gracieuse. Elégante. Pauline Croze n'a pas besoin de tenter de raconter des trucs drôles entre les morceaux (Pauline Croze n'est pas Florence Foresti) : il lui suffit de faire onduler son corps, mais surtout ses bras, jusqu'au bout des doigts pour se faire comprendre. Même, aménager des espaces pour faire faire chanter le public, Pauline Croze n'en a pas besoin. Quand il a fallu chanter, les gens l'ont fait d'eux-mêmes.
Ma vraie grande surprise, parce que quand même hein, je savais qu'elle chantait bien Pauline, c'est... la musique.
Là ou je redoutais un peu trop l'ambiance "chanson française"... pif... la claque.
Le batteur et les guitares ! On était très loin de l'accompagnement d'un tour de chant. Les ambiances étaient là. ça sentait le Bashung, avec des relents free jazz, avec des accords des Iles orientés sombres qui s'agglutinaient dans tous les sens. Quant au batteur... Ah mon salaud, comment tu nous assouplis ça, hein !
Pauline n'est pas qu'une chanteuse, c'est une vraie rockeuse. Comme PJ Harvey, wé.
Marie au cheveu frais et coupé, silencieuse et concentrée, applaudissant à tout rompre.
Juliette, gigotant, commentant, rigolant criant
Arthur... ah bin Arthur, je ne sais pas, il y avait Juliette devant. Pousse toi Juliette, je ne le vois pas Arthur.
Le gars à la console lumière qui dansait tout ce qu'il savait.
Pauline dérivant à mi voix à la fin d'un refrain que le public chantait de lui-même.
Encore un concert super court. Super fort.
Concentré.
Et surtout, cette belle idée : elle n'a pas tout donné. Nous n'avons pas tout vu. Ce n'est que le début de Pauline. On sent tout ce qui bouillonne en dessous.
Elle est pourtant Reine de France, déjà, la farouche Pauline. N'a plus qu'à attendre le retour de Camille la Sauvage en mai.
Ah si seulement, elles confrontaient leurs univers respectifs, sur un album !



Hé Pauline, je...

Je t'aime.

OUI ça y est, je l'ai dit !!!!


Album : "Un bruit qui court" ****
http://www.myspace.com/paulinecroze

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